Les droites # voie des tcheques

alps17 mars 2014, petite reco dans le bassin d’argentière. Beaucoup de faces glaciaires sont grises, y compris le célèbre couloir Couturier à la Verte. Il faut dire que l’anticyclone qui sévit depuis presque trois semaines n’y est sans doute pas étranger. Mon regard s’arrête au niveau de la face nord des Droites, et plus précisément sur une cordée qui est en train de rebrousser chemin dans des pentes de neige, ce qui me laisse penser qu’ils ont confondu le couloir d’attaque du Lagarde avec celui çi, qui vient buter sous une fine ligne de goulotte. Cette ligne semble continue sur plusieurs longueurs, avant de se perdre au niveau du fil du pilier Tournier, 200 mètres au dessus du « château ». Petite comparaison avec le topo où je découvre qu’il s’agit d’une voie tchèque ouverte en 1977 par P. Bednarik, S. Talla et J. Tallova. Une recherche google plus tard et je tombe sur un article qui parle d’une répétition de cette voie par le GMHM en 2011. Comparaison des photos, discussion, acceptation !

Un rapide coup de fil au gardien et nous voilà le lendemain soir avec Emilien, les pieds sous la table de l’excellent refuge d’Argentière, tenu par Fred et Béa. « L’aubergiste » nous confirme que plusieurs cordées se sont fourvoyées ces derniers jours dans cet itinéraire, pensant être dans le couloir Lagarde…Réveil à 3h50 puis départ pour la voie. J’attaque les premières longueurs vers 5h30. La première partie se déroule bien, elle consiste a remonter des pentes de neige et de glace avant de buter sur la goulotte proprement dite. On croise un cordée qui s’est (encore) trompée de chemin et qui se voit redescendre jusqu’au glacier.

Les premières longueurs de glace (140m en 4) sont avalées corde tendue. Elles débouchent sur une première pente de neige à 45° de 300 m environ. Deux autres longueurs en glace (30 m facile puis 40m en 4+/5)  nous déposent au pied de la longueur clé. Cotée 5+ dans le topo, elle déverse sur 5 mètres; mais à vrai dire c’est plutôt l’absence de bonne protection sous mes pieds qui me flambe les avants-bras. La sortie de la longueur bien que plus classique est abordée avec délicatesse, de part la consistance assez hétérogène de la neige que mes piolets tentent d’ancrer.  Une fois le relais atteint, c’est une deuxième pente de neige d’environ 100 mètres qui nous dépose au pied d’une longue longueur de mixte assez sèche (70 mètres). Encore 50 mètres de couloir de neige et nous voilà au pied de la dernière longueur en rocher. Cette dernière est censée être équipée de 5-6 pitons. Emilien se lance dans une première tentative de 15 m dans un laminoir assez raide, mais toujours pas de pitons…Une variante en mixte plus tard (et 6 pitons en moins)  on débouche enfin sur le fil de l’éperon Tournier. 19h30, la nuit arrive tout doucement, l’idée du bivouac initialement prévue est vite abandonnée au vu de la taille de la terrasse qui se présente à nous et qui se résume à une banquette d’ 1 mètre sur 30 cm… du coup on se décide a tester notre capacité de marcher à l’envers, de nuit, dans des pentes de neige.  2h du mat, quelques rappels et mètres de désescalade plus tard, on retrouve enfin nos skis sur le glacier. S’en suivra une belle descente au clair de lune jusqu’à la maison. Il s’agit là d’une belle voie, logique et variée. Combinée à la fin du Tournier il est clair qu’il s’agit d’un morceau de choix.

Matériels: Friends (1 jeu complet jusqu’au n°3 BD), stoppers, quelques pitons, sangles et cordelettes.

Les pentes d’accès à la goulotte

La longueur clef…(si si ça déverse)

Les pentes au dessus, on devine la sortie en rocher tout en haut

Dans les longueurs de mixte

Arrivée au pied dela dernière longueur de la voie

Topo

La Verte entre dans la pénombre

Les aiguilles du Chardonnet (à gauche) et d’Argentière (à droite)

Tout ça a descendre ? oui oui …

 

 

 

 


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